dimanche 31 octobre 2010

video-article-livre: "Les prisons de la misère, dix ans après. Figures et gestes de l'État pénal", autour de Loïc Wacquant


Video: "Les prisons de la misère, dix ans après. Figures et gestes de l'État pénal". Avec la participation de : Loïc Wacquant, Laurent Bonelli, Gilles Chantraine, Grégory Salle, conférence-débat, (Organisation : Maison verte, revue Mouvements, Société Louise Michel), 10 juin 2010


Article
: Loïc Wacquant, La tornade sécuritaire mondiale. Néolibéralisme et châtiment à l’aube du XXIe siècle, Mouvements, 2010 (A l’occasion des 10 ans de la parution de son ouvrage Les Prisons de la misère, Loïc Wacquant revient dans un exercice d’auto-sociologie sur la réception intellectuelle et militante du livre. Il revient également sur les analyses livrées alors et revisite le modèle d’articulation entre néolibéralisme et État pénal à lumière des développements récents)

Livre: Loïc Wacquant
Les prisons de la misère (nouvelle édition)
Raisons d'agir
à paraître en 2010

Présentation
Les Prisons de la misère est un livre important pour les éditions Raisons d’agir. Paru en 1999, il a été vendu a 20000 exemplaires et a été traduit dans vingt langues. Ce livre et son auteur, professeur à l’université de Berkeley, sont à l’origine d’un débat très intense sur le rôle de l’incarcération aux Etats-Unis et dans le reste du monde. La thèse qu’il soutient est que l’État pénal est en train de prendre la place de l’Etat social et que l’emprisonnement devient un moyen massif de répondre à la misère produite par les politiques néo-libérales. Plus généralement, on assiste à un processus d’incubation et d’internationalisation des slogans (« la prison, ça marche »), des soi-disant théories (la « vitre brisée ») et des mesures (telles que le recours accru à l’incarcération, les peines-plancher, les camps de redressement et les couvre-feu pour jeunes) qui composent ce nouveau « sens commun » punitif, conçu pour endiguer la montée de l’inégalité et de la marginalité dans la ville postindustrielle.

Dans cette nouvelle édition, l’auteur revient sur la réception internationale des Prisons de la misère comme révélateur des évolutions pénales dans les sociétés avancées au cours de la décennie passée. Il établit comment la tornade sécuritaire mondiale inspirée par les États-Unis, que le livre détectait en 1999, a continué de faire rage de toutes parts. De fait, elle s’est étendue des pays du Premier monde à ceux du Second monde et elle a transformé les enjeux et les mesures politiques du châtiment pénal à travers la planète de façon que nul n’aurait pu prédire ou même croire possible il y a seulement une quinzaine d’années. L’auteur développe et étend son analyse du rôle des think tanks dans la diffusion de la pénalité « made in USA » à l’Amérique latine. Enfin, il révise le modèle initial du lien entre néolibéralisme et pénalité punitive, révision qui débouche sur l’analyse de la refonte de l’État à l’ère de l'insécurité sociale.



Loïc Wacquant
Prisons of Poverty
University of Minnesota Press
2009

An international best seller dissects the globalization of penal policies “made in U.S.A.” as part of the spread of neoliberalism

In the early 1990s, Mayor Rudolph Giuliani launched a zero-tolerance campaign aimed at street disorders and petty offenders, incarnated in the infamous “squeegee man.” New York City soon became a planetary showcase for an aggressive approach to law enforcement that, despite its extravagant costs and the absence of connection to the crime drop, came to be admired and imitated by other cities in the United States, Western Europe, and Latin America.

In Prisons of Poverty, Loïc Wacquant tracks the incubation and internationalization of the slogans, theories, and measures composing this new punitive “common sense,” fashioned to curb mounting urban inequality and marginality in the metropolis. He finds that a network of Reagan-era conservative think tanks (led by the Manhattan Institute) forged them as weapons in their crusade to dismantle the welfare state and, in effect, to criminalize poverty. He traces their import and export through the agency of the media and the pro-market policy institutes that have mushroomed across the European Union, particularly in Tony Blair’s Britain. And he shows how academics helped smuggle U.S. techniques of penalization into their countries by dressing them up in scholarly garb.

Now available in English for the first time in an expanded edition, Prisons of Poverty reveals how the Washington consensus on economic deregulation and welfare retrenchment was extended to encompass punitive crime control because the invisible hand of the market necessitates and calls forth the iron fist of the penal state.

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