jeudi 12 avril 2012

Elfriede Jelinek, Winterreise et Restoroute. Animaux

Elfriede Jelinek
Winterreise
Traduit par Sophie Herr
Seuil
2012  

Présentation de l'éditeur
Acerbe et radical, le « je » d’Elfriede Jelinek emboîte le pas au Winterreise de Schubert, traverse la folie du monde d’aujourd’hui jusqu’aux abîmes de sa propre vie. Ce virulent monologue, plus intime et plus politique que jamais, découpé dans de grands et puissants blocs de texte et lancé à la face du monde contemporain, s’écrase sur scène telles nos propres ruines : scandales politico-financiers, perversité de l’opinion publique, sexualité médiatisée par Internet, culte du sport et de la jeunesse. Sur fond de paysage délabré resurgissent l’enfance ruinée de l’auteure, l’amour-haine d’une mère dominatrice et la démence du père. Porté par une langue qui bataille contre elle-même, le cycle s’achève sur une réflexion d’une grave lucidité quant à son propre rôle d’auteure : « Nous ne voulons pas vous écouter, vous, avec vos éternelles vieilles rengaines. Votre assiette est pleine, ça devrait vous suffire. » Saurons-nous faire taire notre monde pour entendre ce texte ?


Elfriede Jelinek
Restoroute
Animaux
Traduction par Patrick Démerin et Dieter Hornig
Verdier
2012

Présentation de l'éditeur
Créée en 1994 à Vienne, Restoroute est la huitième pièce d’Elfriede Jelinek qui la définit comme sa « première véritable comédie ». Le sous-titre, L’école des amants, indique la filiation de cette œuvre avec le Così fan tutte de Mozart et Da Ponte, dont elle est la réécriture burlesque et grinçante. Pour l’écrivain qui se définit comme « une incurable moraliste », l’échangisme apparaît comme l’illustration de « la terreur de la liberté » : une sexualité sans frein où le désir féminin qui se donne prétendument libre cours n’aboutit qu’à une ritualisation grotesque de la performance sexuelle et se mue en une servitude terrifiante.
Animaux, pièce créée à Vienne en 2007, se compose de deux monologues. Dans le premier, une femme bourgeoise mélancolique exprime sa soumission à son amant et aspire à ce que celui-ci use d’elle selon son bon plaisir. Dans la deuxième partie qui, selon les termes de l’auteur, « efface et ridiculise la première », ce désir se trouve pris au pied de la lettre : la prostitution érige l’homme en seigneur et maître, pour qui les femmes ne sont que du bétail.
Dans ces deux pièces violemment satiriques, le jeu théâtral repose sur la puissance subversive du langage qui passe au premier plan et met en évidence la monstruosité du monde contemporain. 
Elfriede Jelinek, née en 1946 à Mürzzuschlag, en Styrie, a grandi à Vienne, où, dès 13 ans, elle a étudié l'art dramatique, l'histoire de l'art, et la musique au Conservatoire. Elle partage aujourd'hui son temps entre Vienne et Munich. Son œuvre ? théâtre et romans ?, qui compte entre autres La Pianiste (adaptée au cinéma par Michael Haneke), a été couronnée par le prix Heinrich-Böll (1986), le prix Büchner (1998), le prix Heine (2002), et le prix Nobel de littérature (2004).

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